Le marathon #Chronique 6
Salaam !
Me revoici connecté avec vous pour votre et mon plus grand plaisir. C'est depuis le trône de ma chambre d'hôtel à Marrakech que je vous écrit.
Hier matin (20/02/2014) nous avons quitté notre bivouac de Merzouga pour prendre les pistes de sable en direction de Marrakech. Il s'agit de l'étape finale, l'étape marathon. Vous vous demandez sûrement pourquoi marathon, j'y viens.
Nous devons tout simplement rouler durant toute la journée en nous aidant de notre roadbook, notre boussole et s'arrêter pour camper dès que le soleil décline.
Sans condition supplémentaire cela aurait été trop simple, ils pimentent le jeu. Nous voyageons avec une autonomie d'essence limitée puisque nous possédons seulement un jerrican de 20L, en plus du réservoir de la voiture. Évidemment les stations service sur le trajet sont rares.
Notre chemin était semé d'embûches: des oueds mous, des trous impressionnants et des pierres assimilables à des pieux, cauchemar des pneus, des châssis et des pare-brises. Nous avons ainsi roulé 170Km sur les 600 qui nous séparais de Marrakech.
Une fois stoppés, certains équipages étaient terrorisés à l'idée de passer une nuit loin de la surveillance de l'orga et surtout de l'armée marocaine. Leur mère auraient due couper le cordon. La Franche-Comté a remis du baume au cœur aux bretons en allumant un brasier accompagné de notes sortant de la guitare d'un de nos amis franc comtois. Qu'est ce que ça boit un breton ! Aux 100Km, ils consomment plus qu'une Range Rover. En définitive, la soirée fut très très belle.
Réveil matin 5h, je me réveille comme une fleur. Nettoyage du camp, rangement des affaires, petit déjeuner et coup de main à tous les potes en panne. Nous finissons par prendre la piste à 6h45.
À 9h nous avions rattrapé le retard de la veille. 350Km d'asphalte nous séparait maintenant de Marrakech. Cependant à chaque prise il faut céder quelque chose, nous avons perdu le groupe. Seul. Il a fallu franchir l'Atlas. C'est sans aucun doute, la route la plus sineuse, la plus mal conçue et la plus dangereuse sur laquelle j'ai roulé. J'étais d'autant plus anxieux après la vue de deux 4l d'équipages qui s'étaient accidenté la veille. En regard de l'état des autos, j'espère que les équipages sont sains et saufs.
C'est ainsi vers 15h, épuisé, crasseu (la dernière douche remontant à deux jours, avec des mains bien salies depuis et des aisselles bien parfumées) je me suis attaqué au col du Tichka. Culminant à 2260m avant de tout redescendre, il fallait être armé de vigilance, de compétences et accessoirement, de bons freins.
Nous sommes arrivé au finish du 4L Trophy vers 17h20 où une véritable foule acclamait tous les arrivants. Je vous avoue avoir été confus, je n'ai pas compris pourquoi ils nous acclamaient. Mis à part, la soirée où j'ai rafistolé le soufflet de cardan, cela se sera déroulé sans panne. La voiture était donc très bien préparée et nous très attentifs à ses besoins. Je vais vous quitter pour rejoindre mon vrai lit, pour une nuit de repos amplement méritée.
Je tiens à remercier Romain qui fait tout ce qu'il peut pour vous transmettre nos chroniques dès qu'il les reçoit par pigeon voyageur. Une ovation s'il vous plait ! Et je vous remercie vous, qui nous suivez depuis le début de l'aventure.
Maxime, pilote 1141 heureux mais épuisé.